30.06.2009
pedro au pied du mont blanc
Dans ce dimanche ensoleillé au pied du mont blanc, tous les ingrédients sont réunis. Des femmes, que des femmes, six femmes... trois générations au rendez vous.
La grand-mère, plus que vaillante, malgré les 80 années qui se profilent, vive de corps et d’esprit, tout juste de retour d’une escapade à venise et entre deux cours d’informatique pour maîtriser son appareil photo numérique et surfer sur le net.
La fille, toujours à cent à l’heure, déjà en tenue de combat pour affronter le bêchage de patates.
La sœur de la grand-mère, forcément un peu à côté de la plaque histoire d’enrichir un peu le personnage, qui pose les questions mais n’écoute pas les réponses, vit un peu sur une autre planète, car ce que lui réserve la nôtre n’est pas terrible...
Qui d’autre ? . ah oui, la bru de la grand-mère.. sa belle-fille quoi.. vous suivez toujours ?... de la catégorie des néo-ruraux, ces cadres dynamiques qui ont choisi de rester dans le monde rural, de profiter de ses bienfaits tout en ayant des écrans plats, des belles fringues, un quad, en s’intéressant à la culture, à ce qui se passe dans le monde..
La petite fille, l’aînée de la lignée des petits-enfants, posée et perspicace, la force tranquille, qui réussit tout ce qu’elle touche sans avoir l’air de forcer, enfin considérée comme femme et non plus fille.
Ca fait cinq vous me direz (vous êtes stricts je le sais :-)... ben la sixième c’est moi, la femme de la petite-fille.. ben oui parce que pedro il aime bien ça les histoires de garçons qui aiment les garçons et de filles qui épousent les filles.. sinon c’est trop banal.
Alors, tout au long de ce dimanche, ce méli-mélo de femmes s’agite. On fait la cuisine, on raconte des histoires, on rit, on s’attarde sur les éléments rapportés de la famille qui ne font pas l’unanimité (je me fais petite sur ma chaise, mais ça a l’air d’aller, je crois que je suis dans la bonne colonne). Les relations tendues entre sœurs sont sous-jacentes, entre amour, agacement et protection, et ce quelle que soit la génération.
On se resert du vin sans complexe, parce que pedro, il aime les femmes qui ont du caractère. On se prouve à nous-mêmes qu’on n’a pas besoin d’hommes pour vider la grange, réparer un tuyau d’arrosage, monter sur une échelle, réparer un vélo.
Il y a de l’intrigue dans l’air, entre les ingrédients mystères des patates rissolées, les insinuations sur les mensonges de la dernière pièce rapportée, les messes basses de la bru aux jeunes mariées...
La religion est là aussi, car le dimanche, c’est jour de messe... et que la grand-mère rappelle aux jeunes mariées qu’elles sont ‘bénies des dieux’.
Pedro aime les femmes fortes mais sait aussi mettre en valeur leur féminité. Alors on se lance dans une séance d’essayage de robes pour le prochain mariage de l’été, on débat sur le port de la sandale chic en s’échangeant celles qu’on a au pied.
Le moment phare du film se joue autour d’un cerisier, avec douze mains qui s’affairent pour remplir deux beaux paniers en osier. Des branches cassent, un panier se renverse, les moucherons piquent, le chien fait pipi sur la pierre tombale de la chatte enterrée il y a une semaine, le soleil tape et les rires fusent.
Des femmes fortes et faibles à la fois, des relations compliquées, et beaucoup d’amour... ce dimanche, Almodovar était là derrière sa caméra.
L
17:25 Publié dans Mots d' "L" | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Tres joli texte.. vraiment..
t'as juste oublie de dire dans quel role etait Penelope Cruz?
Le mien forcement non??? ;)
Ecrit par : linem | 01.07.2009
of course :)
Ecrit par : will | 01.07.2009
Magnifique texte, indeed!
Je vois que tu n'as pas perdu tes talents littéraires, malgré tous ces calculs d'ingénieur :)
Very proud of you.
Ecrit par : gadagne | 06.07.2009
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