31.05.2006

Je est mon frère

Rimbaud, il me semble, disait "Je est un autre".

Et ben moi, je est mon frère.

Au sens phonétique aussi, un peu. Je le est parceque je l'aime trop. Il est trop proche de moi, trop pareil, trop sensible, trop sal caractère... Il me pousse là où je ne veux plus aller, au plus profond de moi où je ne me reconnais plus...

Je veux l'aider mais je ne supporte pas quand il me manque de respect, il veut faire des efforts mais ne supporte pas quand je lui reproche son comportement. C'est normal, il a 15ans, et moi 24ans. Je devrais pouvoir prendre de la distance, m'éloigner de lui quand il devient trop c... et être là quand il est près à faire des efforts. Je devrai être adulte face à l'adolescent ingrat.

Mais en ce moment, je n'y arrive pas.

Personne n'est là pour dépressuriser la soupape, au té"L"éphone ça marche mal, je suis sous ma propre pression et celle qu'ils (ou que je?) me rajoutent... et il me pousse dans ses endroits de moi que je connais trop bien, comme d'autres l'ont fait avant lui, ces endroits où la violence monte comme seule réponse possible.

Et où je deviens autre. Cet autre que je déteste et qui m'a fait trop mal, que j'ai mis des années à oublier et que je ne veux pas faire ressortir.

Alors il part, il claque la porte, et moi je reste là, face à des souvenirs qui m'attaquent, face à personne, face à moi, face à ne rien pouvoir faire, face à ma colère contre la terre entière, lui, ma mère pour nous laisser faire ça, "L" qui n'est pas là, et surtout moi... moi de pas pouvoir rester moi.

30.05.2006

LittleBoulette en Lorraine

J'étais à l'origine partie pour raconter un des mes exploits et en le racontant, j'en ai découvert plusieurs. A vous d'élir la palme de la boulette Lorraine.

Mon "L"a un petit appartement au deuxième étage d'une petite maison de banlieue avec un jardin divisé en deux avec la voisine du 1e très sympathique, qui nous aime bien malgré tout ce qu'on lui fait voir... Nous squattons notre partie de jardin pour larver au soleil pendant qu'elle passe des heures à entretenir un vrai jardin de Versailles de son côté et à couper les branches de nos arbres. Celà passerait encore s'il n'y avait pas régulièrement des chutes de jardinières sur sa terrasse et qu'on oubliait parfois d'aller les récupérer. Je vous passe les détails des concours de lancer de blanc d'oeuf qu'on fait par la fenêtre de notre cuisine.

Premier candidat : notre retour de vacances, où nous voulions ouvrir et manger une noix de coco. Il fallait donc ouvrir la bête et récupérer le lait, problème : pas de machette, obligées de faire comme là-bas à grand coup contre le rebord de la fenêtre. Dans un élan de réflexion, je dis "faut pas qu'on se mette dans la cuisine sinon le lait va couler sur sa terrasse, on va se mettre à la cuisine du salon qui donne au dessus de la pelouse". Aussitôt dit, aussitôt fait. Explosion de noix de coco, le lait commence à couler et je merde un peu en ne la posant pas tout de suite au dessus d'un saladier, le lait coule sur le rebord de la fenêtre "pas grave" me dis-je "j'avais prévu le coup, ça coulera dans l'herbe et sur le mur, ça séchera". Par acquis de conscience je regarde tout de même, l'étendue de la boulette... et là... c'est le drame... Notre pauvre voisine a effectivement son jardin sous cette fenêtre, mais également la fenêtre de sa chambre à coucher... et elle avait décidé à ce moment là, d'aérer sa couette sur le rebord de la fenêtre... qui est donc très aérée et légèrement parfumée à la noix de coco...

Deuxième candidat : lieu du drame = la salle de bains. Que je vous explique, comme beaucoup de vieilles installations, la douche de notre salle de bains ferment mal et il faut vraiment forcer éviter qu'un filet d'eau ne continue de couler dans la baignoire par le robinet ou le pommeau de douche. Détaits architectural important, il éxiste un mini rebord de 1cm autour du bac de la baignoire avant le mur. C'est inutile. &en plus ça fait des drames. Parcequ'un soir, j'ai pris ma douche tranquille, j'ai fermé le robinet, j'ai posé le pommeau de douche et je suis allée me coucher... le lendemain matin, je me lève en prems, je vais à la salle de bains et mon pied m'envoie le signal "je suis trempé!!". Pas très réveillée, je regarde par terre... la salle de bains est une petite pataugeoire, mince, problème. Malgré le réveil difficile, je trouve la lucidité d'identifier le criminel : le robinet de douche mal fermé qui s'était posé "juste" sur LE cm de rebord autour de la baignoire et l'eau qui s'était petit à petit écouler le long de la baignoire avant de remplir la salle de bains. Oups, boulette. Je me suis pas trop fait grondé, j'ai espongé et je pensais la boulette terminée. Quelques semaines + tard, "L" descend voir la voisine pour lui apporter des muffins, comme on lui en fait voir, on se fait rattraper comme on peut, et là la voisine lui demande "vous avez pas eu un dégât des eaux le mois dernier?" "euh non... ah.. oui c'est vrai, pourquoi, vous en avez eu un aussi?" "non mais ça a fait péter les lampes de plafond de ma salle de bains" Bafouillages, excuses, promesse de prise en charge des frais,nouvelles propositions de muffins...

Voilà deux petits exploits Lorrains. La voisine va être soulagée, je devais débarquer à temps plein à la rentrée mais les nouveaux plans la protège, j'ai envoyé notre préavis de déménagement ce matin.

29.05.2006

"L"a nuit des temps

Quand j'étais au collège, en cours de français, on me faisait lire des romans policiers où le héros avait un nom de belote et d'autres qui racontait la vie de madame B., aussi ennuyeuse, que de lire les descriptions d'une page pour parler d'une haie de buisson. Et puis, un jour, je ne sais plus comment, je crois qu'on me l'a offert, j'ai découvert "La nuit des Temps" de monsieur René Barjavel.

Je l'ai lu au moins douze fois et je prends toujours autant de plaisir, je ressens toujours autant d'émotions en lisant cette histoire d'amour qui est au jour d'aujourd'hui la + belle que j'ai jamais lue.. à part la mienne...
Cette histoire là d'ailleurs, la mienne, elle a commencée "en partie" grâce à ce livre, et c'est ce qui lui a donné ce titre de L-ivre cultissime et non de simple roman préféré.

Ce roman n'est pas un best seller, il est connu certes, mais il n'est pas incontournable des analyses de texte de lycée, il ne fait partie de la liste de cadeaux de noel incontournables de tante suzanne...
Alors quand vous rencontrez une femme extraordinaire, que vous avez l'impression en une soirée de la connaître depuis des années, et que, en plus d'éveiller les papillons dans votre ventre, elle vous répond, à un questionnaire à la con made by yourself (vive la technique d'approche...) que c'est son roman fétiche...
D'abord vous ne la croyiez pas, vous l'accusez d'avoir tricher et d'avoir lu vos réponses avant de répondre... puis vous ne "L"a lâchez plus... et vous faites de ce livre, un des petits symboles de ce début de "nous" si particulier.

Et quand, en plus de ça, le prénom du personnage féminin est celui que vous déposerez, en temps voulu, sur le front de la petite merveille qu"L" vous offrira, alors là, bah le livre, il devient carrément, une bib-L-e...

28.05.2006

Il fait moins beau

Il faisait beau ce matin.

Je me suis révei-L-ée dans le meilleur des oreillers.

J'ai offert la belle orchidée à ma maman.

Ma maman a cuisiné une succulente tarte à la rhubarde accompagnée de soupe de rhubarde et de fraises.

J'ai réussi à travailler avec mon frère sans qu'on finisse en pleurs.

J'ai un peu réussi à réviser cet après midi.

Mais mon "L" est partie étudier les risques près de Montpellier pendant 2 semaines.

Je ne m'endormirai pas dans ses bras.

Il fera moins beau ce soir.

27.05.2006

Il fait beau

Il fait beau aujourd'hui.

Je me suis réveillée dans le meilleur des orei-L-ers.

Un charmant banquier a réalisé un de mes rêves "en attente de réalisation".

Ce matin, je me suis rendue compte que j'aimais vraiment mon métier, et la consultation à 98.66€ me crédibilise auprès de mes proches capitalistes...

En revenant, je me suis arrêtée sur le bord de la route ramasser un bouquet de coquelicot pour mon "L", ou sa soeur je sais pas encore...

J'ai l'impression de pouvoir réussir à réviser tout ce que je dois réviser.

A midi, on mange de la viande.

Cet après midi, je vais acheter une belle orchidée pour fêter ma maman.

Demain soir je regarde FBI avec ma meilleure amie et je suis contente même si ma "L" va jouer aux cailloux avec son marteau et son casque jaune.

Ce soir, il y a foot&bière.

Cette nuit, je vais m'endormir dans le meilleur des orei-L-ers.

Il fait vraiment beau aujourd'hui.

24.05.2006

Mon hirond"L"

Récemment j'ai terminé mon mémoire surlequel je travaillais depuis deux ans. La page sur laquelle j'ai le plus réfléchie était la troisième page de remerciements, celle des remerciements personnels. Et cette page se termine par "A L.., pour être toujours sur la balançoire"

Il y a peu de gens qui savent, et peu qui m'ont demandée, ce que ça voulait dire. Mais toi tu le sais.

Tu connais cet endroit, tout près du coeur, d'où je te protège et te surveille quand nous ne sommes pas ensemble, moi, ta litlle boulette, en balançant les pieds, et en te faisant coucou quand tu me regardes de loin. Et toi, sur la mienne, tu y es.

Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui me touche ou me fait peur. Mais toi tu le sais.

Tu connais mes failles et mes doutes, mes appréhensions et mes contradictions, et mieux que ça, tu as su les apprivoiser, les colmater, faire de moi la femme dont tu es si fière. Et moi, c'est pareil pour toi.

Il y a des gens qui pensent à eux d'abord et qui ne comprennent pas mes priorités. Mais toi tu les sais.

Tu sais que où que tu choisisses d'aller, l'an prochain et tous les ans suivants, je te suivrai. Les bébés naissent de partout où tu devras creuser tes puits pour leur apporter de l'eau, au Canada ou en Algérie.

 

Alors si l'Avenir qui change te fait peur, laisse moi faire la seule chose dont je suis sûre,

make you happier

than you ever thought you could be.

Papa&Moi

 

Portons ce nom dont je suis si fière dont je suis seule responsable de sa transmission.

Demandons toujours les mêmes parfums de glace à la fin du repas sur le canapé : framboise, vanille.

Ne supportons pas le contact des cueillères en argent dans la bouche.

Skions sur la même paire de ski Rossignol.

Avons la facheuse manie de vouloir tout contrôler.

Le réussissons plutôt bien, ce qui freinent nos "L" pour nous le reprocher.

Nous aimons et nous admirons sans trop le reconnaître.

23.05.2006

Une samedi soir sur la terre...

Parce que ce blog est le mien et que ceci est une partie de moi.

Pourquoi aujourd'hui? Je n'en sais rien.

 

Un samedi soir sur la terre

  Il n’y a pas de mot dans la langue française, ni une autre d’ailleurs,

Pour dire ce qu’Alain était pour moi, ni ce que j’étais pour lui.

Disons que j’étais juste moi.

Et qu’il était juste lui.

Et depuis ce moi, j’ai vu,

Un homme intelligent de cœur, passé maître dans l’art de dispenser le bonheur,

Un rassembleur de famille, pour qui les normes et le sang n’étaient pas limitants,

Un homme pour qui l’Amour devait se vivre, parfois envers et contre tout,

Quelqu’un de Grand, tout simplement.

Et samedi soir, j’ai appris,

Que la choucroute n’était pas d’origine alsacienne mais parisienne,

Que mon vieux tracteur ne ferait jamais le poids face à la Saxo rouge de son coeur,

Qu’être adulte ça signifiait faire face, malgré la peur, la colère et les larmes,

Que partir rimait avec sans prévenir.

Et samedi soir, tu m’as dit :

« Fais ce que tu as à faire, et fais le bien ! »

Et j’y compte bien,

En partie pour toi, Alain.

 

 

 

22.05.2006

Gay&Maladie psychiatrique

Il y a quelques jours nous "fêtions" la journée nationale ou mondiale contre l'homophobie. Je ne sais pas si je vous l'ai dit mais cette date avait été choisie car c'était un 17mai que l'homosexualité avait cessé d'etre reconnue comme une maladie psychiatrique grave par l'Organisation Mondiale de la Santé. Sympa déjà, le choix de la date, enfin bref...

Aujourd'hui, j'étais dans mon avant dernier jour en pédo-psychiatrie dont je vous ai parlé. J'ai perfectionné mon Jenga et manger du gâteau au chocolat, mais aussi Zet surtout, j'ai assisté à une grande discussion à midi après déjeuner.

Je discutais avec une soignante d'un des enfants de l'hopital, un petit garçon de 10 ans qui souffre de troubles psychotiques en résumé. Elle a donc, très gentiment commencé à me raconter l'histoire de ce petit garçon. Comme beaucoup, il vit dans un contexte familial très difficile avec des troubles importants chez les parents et des difficultés sociales importantes, souvent à l'origine, ou au moins n'aidant pas, les troubles chez lui.

Et voilà pas que la soignante me dit "Il vit en famille d'accueil (note de moi : comme beaucoup), il voit son père le week end seulement mais sa mère n'a pas le droit de le voir, il s'est passé des trucs", et là je crois comprendre "des histoires d'homosexualité, ils faisaient des films et tout"... Je tic un peu sur le coup puis je me dis que j'ai du mal comprendre, elle a parlé de film donc elle a du dire "pornosexualité" et elle a inventé le mot. Je ne relève pas.

Puis elle continue à me parler du garçon, comme quoi il est vraiment malade quand même, même s'il peut aller certains jours par semaine dans une école traditionnelle, et là pareil je crois comprendre "il a des problèmes à l'école, il a un amoureux dans sa classe enfin bon"...

Que mes oreilles merdouillent deux fois de suite m'intriguent et je lui redemande :

"Excusez moi, je n'ai pas compris, qu'est ce qu'il a comme problème à l'école?

- Il a un amoureux, mais un garçon, il s'appelle R., il en parle tout le temps enfin bon"

Ah ouais d'accord. Nous sommes en 2006, dans un service de psychiatrie pour enfants et on considère encore l'homosexualité comme une maladie.

Crap...

 

21.05.2006

Le jour où j'ai mis mon pantalon à l'envers

C'était il y a quatre ans presque.

Pour me justifier, je resitue le contexte, je venais de passer 2ans à bûcher sur un concours assez horrible, 10% de réussite, ambiance de merde avec sans le détail une vie privée totally fucked up.  Bref, c'était le grand soulagement dans ma vie depuis quelques mois, j'avais rencontrée la femme de ma vie, et en une semaine ma vie avait basculée... J'avais un projet professionnel, un projet de famille et des étoiles pleins les yeux.

Je ne sais pas qui j'essaie d'embobiner, aucune excuse ne me sauvera de cette boulette là, je crois.

J'avais donc intégrée mon école, m'était fait des nouveaux zamis enfin c'était pour l'heure des connaissances. Jusqu'à ce jour là, ce fameux matin, où cette boulette a scéllée à jamais notre amitié.

J'avais du me lever à l'arrache du lit, début de relation passionnelle oblige, no comment, trouver à tatons de quoi me recouvrir avant de sortir, courir jusqu'à l'arrêt de bus et arriver en cours. J'avais attrapé le matin un pantalon beige en toile, sans fermeture éclair ou bouton mais avec un élastique à la taille et une petite ceinture que je n'attachais jamais, détail important pour la suite.

Le cours commence, je m'étais assise à côté de M-A avec qui j'avais sympathisé dès le jour de la rentrée. Et là, elle a gagné mon amitié et ma confiance à jamais, avec une petite phrase et une expression de visage, inégalable, entre le sourire et le sérieux, entre le respect de mes choix et l'étonnement quand même et elle me dit :

" Dis... c'est normal ton pantalon?"

Et je baisse la tête et vois... les coutures intérieures de mon pantalon... mais si je les vois, c'est qu'elles sont à l'extérieur...

Rappel : il est 8h30, je suis en cours, je viens de prendre le bus depuis la ville jusqu'à mon école, marcher de l'arrêt à la classe, d'attendre le début des cours au milieu des gens, même s'il n'y a pas foule.

Je ne sais plus si j'ai ri, je n'ai pas pleuré ça c'est sur, mais je me souvient très bien avoir passé l'heure de cours suivante à regarder mes cuisses en me disant "ma pauvre fille, tu vas vraiment pas bien"... A l'intercours, j'ai bondi aux toilettes pour me changer, je souriais toute seule en sortant quand Marti est, elle aussi, devenue mon amie en me demandant " Pourquoi tu ris?" "Nan, nan, rien..." et là, petit sourire de sa part "Pour ton pantalon..."

Voilà, une des mes boulettes, d'où le titre de ce blog, et vous inquiétez pas, j'en garde sous le coude pour vous tenir en haleine!!

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